En Ukraine, la résistance d’Oselya face à la guerre
Cela fait quatre ans que la guerre à grande échelle a débuté, que la Russie bombarde sans relâche la population ukrainienne.
Cela fait quatre ans que nos ami·es d’Emmaüs Oselya résistent, et continuent d’aider les plus vulnérables. Oui, ils et elles sont fatigué·es, parce que leurs proches sont au front, dans des tranchées, la boue, et le froid, comme durant la Première Guerre Mondiale ; parce que leurs nuits sont écourtées par les sirènes aériennes, comme durant la Seconde Guerre Mondiale ; parce qu’ils sont réveillés par les drones, qui font un bruit de tracteur lorsqu’ils approchent – nouvelle cruauté de cette guerre.
Le 24 février 2022, quelques heures après le début de l’invasion, Grigory, Délégué National d’Emmaüs en Ukraine nous avertissait : « C’est une journée de tragédie pour l’Europe et pour le monde. Nous devons rester solidaires dans la lutte contre la folie de ce dictateur au pouvoir au Kremlin. »
Solidaires, nous le sommes restés. En atteste la présence de plus de 40 communautés, et 50 personnes à la Conférence sur l’Ukraine organisée par Emmaüs Europe le 24 février 2026. En atteste également l’implication exceptionnelle des groupes Emmaüs d’Europe et du monde à notre fonds de soutien pour l’Ukraine.
« Mon rêve, c’est que la guerre prenne fin. Et puis, je pense que la vie me montrera comment continuer à vivre. Je voudrais revoir mes enfants. Mon premier est en Pologne, le plus jeune est en Allemagne, tout comme ma première fille ; mon autre fille est à Sébastopol (en Crimée annexée, ndlr), j’aimerais pouvoir la revoir ». Oleksandr O., compagnon à Oselya durant la conférence.
En quatre ans de guerre, la communauté a vu partir 29 compagnons sur le front. 36 nouveaux compagnons sont arrivés, provenant des zones de conflit. Ils nous rappellent systématiquement que, là d’où ils viennent, la guerre a débuté en 2014, lors de l’annexion de la Crimée.
Natalia, directrice d’Emmaüs Oselya, souligne l’évidence : la guerre touche aussi et surtout les civils, et les enfants. « 59 000 enfants ont perdu au moins l’un de leurs parents, nous subissons des attaques aériennes, des attentats (le dernier a eu lieu à Lviv samedi 21 février), des coupures d’électricité, des problèmes de chauffage… C’est le pire hiver de notre histoire, mais nous continuons d’avancer. (…). L’une des boutiques caritatives d’Oselya a pu être rénovée grâce au fonds Ukraine, pour être agrandie. Nous disposons désormais de 124m2, qui nous permettent d’accueillir les enfants et les personnes âgées, qui souffrent énormément de la guerre… Nous accueillons 50 personnes/jour pour des ateliers thérapeutiques. » La résistance, c’est aussi cela : prendre soin des victimes de la guerre.
Et continuer de rêver : malgré le conflit, Oselya a plus que jamais des projets pour se développer, mieux accueillir, mieux recycler, et mieux prendre en charge les personnes vulnérables.
Le cimetière militaire de Lviv, situé en plein cœur de la ville, accueille plus de 3000 soldats morts sur le front depuis février 2022. Nazar et Oleksii, deux compagnons Oselya, y sont enterrés. 29 compagnons d'Oselya sont actuellement sur le front. Lviv, Janvier 2026 | © Emmanuel Rabourdin

