Emmaüs Europe

Les compagnons deviennent formateurs auprès des villes pour le réemploi !

Pour la deuxième année consécutive deux compagnons d’Emmaüs Toulouse (dans le Sud de la France) forment les salariés de l’agglomération sur le réemploi : un partenariat qui a de nombreux avantages.

Anaïs Revollat-Veuillet, directrice des trois sites d’Emmaüs Toulouse a répondu à nos questions.

Pouvez-vous nous raconter l’histoire de ce partenariat ?

En 2023, Toulouse Métropole a fait le choix de mettre en place une collecte préservante des encombrants, afin de récupérer les objets qui peuvent encore être réemployés plutôt que de les envoyer directement vers les filières d’élimination. C’est dans le cadre de cette démarche qu’Emmaüs Toulouse est entré en jeu en tant que partenaire du réemploi.

L’objectif est de détourner un maximum d’objets de la destruction pour leur donner une seconde vie. Ces objets sont issus des collectes à domicile, des points d’apport collectifs ou des encombrants déposés dans la rue. Pour Emmaüs Toulouse, ce partenariat représente une opportunité de compléter les dons issus de nos propres collectes à domicile.

Mais pour que cette collecte préservante soit efficace, il est essentiel pour les agents de l’agglomération toulousaine chargés de la collecte d’identifier les objets qui peuvent être réemployés. Nous leur avons donc proposé une formation pour leur transmettre notre expérience et notre savoir-faire en matière de réemploi.

Les formations ont débuté en 2025 et, dès la première année, nous avons formé 46 agents chargés de la collecte. Ce partenariat permet ainsi de renforcer les liens entre la collectivité et Emmaüs Toulouse, tout en développant les pratiques de réemploi sur le territoire.

Quel est le contenu de votre formation ?

D’abord nous expliquons pourquoi c’est important de réutiliser plutôt que de détruire.

Puis nous parlons de ce que nous faisons chez Emmaüs, de notre action sociale et solidaire au-delà de notre action écologique de réemploi.

Pour ces deux premières parties l’objectif est de donner du sens à l’action mais aussi créer du lien, de l’interconnaissance avec Emmaüs.

Ensuite, une visite du site est organisée et nous leurs présentons les différents ateliers de réparation et valorisation afin qu’ils comprennent les possibilités qui s’offrent à nous. Suit un temps de pratique où nous échangeons plus précisément sur ce que l’on prend ou l’on ne prend pas et pour quelles raisons. Par exemple : un meuble en bois massif avec un pied abimé : on prend parce qu’on peut le réparer. En revanche, un meuble en aggloméré démonté ou abimé, on ne prend pas.

En plus de la collecte supplémentaire qu’est-ce que cela vous a apporté ?

L’intérêt c’est surtout de créer plus de liens avec la collectivité et d’être reconnu comme un acteur du territoire au service du réemploi. Ceci ouvre la voie à d’autres partenariats !

Par ailleurs, le fait de partager leur savoir-faire représente une compétence de plus pour nos compagnons, pour qui cette reconnaissance est extrêmement valorisante.

Ce projet a impulsé une dynamique de formation au sein d’Emmaüs Toulouse, nous permettant désormais de proposer aux autres structures du mouvement une formation autour de la réparation de l’électroménager.

Merci pour ce partage qui pourrait donner des idées à d’autres Emmaüs d’Europe !

Merci aussi à Camille Siboni chargée de développement et de traçabilité et à Christophe Guyot compagnon d’Emmaüs Toulouse qui ont créé la formation et à Joseph Rubio le compagnon formateur.

Actualités Économie circulaire et solidaire / Écologie France
© Emmaüs Toulouse

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