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Élections Européennes : un enjeu crucial pour Emmaüs

Entre le 6 et le 9 juin 2024, les citoyen·nes de l’Union européen·ne éliront les député∙es qui les représenteront au Parlement européen pour les 5 prochaines années.  Ces élections détermineront en grande partie ce à quoi ressemblera l’Europe des prochaines années.

Emmaüs se mobilise

Afin de sensibiliser sur les enjeux qui touchent à nos activités et nos valeurs pour les élections européennes, Emmaüs Europe s’est engagée sur plusieurs plans pour sensibiliser sur les élections européennes et leur importance pour Emmaüs.

  • Nos groupes ouvrent leurs portes aux candidat∙es désireux de découvrir nos activités. Nous les invitons à visiter nos locaux, à comprendre notre travail et à prendre conscience des défis auxquels nous sommes confrontés.
  • Emmaüs Europe a rédigé deux documents de positionnements, qui regroupent nos recommandations d’actions pour la prochaine mandature :
Propositions générales – version courte Propositions détaillées – version longue

 

L’Europe, un échelon de décision essentiel pour les activités d’Emmaüs

Les politiques de l’Union européenne (UE) jouent un rôle déterminant dans la vie quotidienne de chacun∙e d’entre nous, influençant entre autres notre monnaie, notre circulation entre pays ou notre agriculture.
Pour Emmaüs, c’est presque toute notre activité qui est influencée par les lois européennes.

L’UE, Emmaüs et l’Économie Circulaire Sociale et Solidaire

Les politiques européennes jouent un rôle crucial dans les activités quotidiennes des groupes Emmaüs, en particulier dans la collecte, le tri, le réemploi et le recyclage. Les directives de l’Union européenne sur la gestion des déchets encadrent la collecte ainsi que le tri, et pèsent sur le pourcentage de réemploi à mettre en œuvre dans les pays, influençant ainsi nos pratiques. À titre d’exemple, la collecte séparée des textiles deviendra obligatoire dans tous les pays d’Europe en 2025. Emmaüs Europe plaide pour une place importante pour le réemploi et les acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire dans ces politiques.

L’UE, Emmaüs et la lutte contre la pauvreté et ses causes

L’Union européenne, bien qu’elle ne puisse pas intervenir directement dans les politiques sociales des États membres, a récemment renforcé son cadre législatif pour promouvoir les droits sociaux. Cela vise à encourager une convergence des politiques nationales et à mobiliser des ressources financières à cet effet. Par exemple, l’UE a adopté un Socle européen des droits sociaux, accompagné d’un plan d’actions ambitieux, notamment pour lutter contre le sans-abrisme et établir un salaire minimum.  Emmaüs Europe est engagée au sein du Réseau européen anti-pauvreté (EAPN) et milite pour garantir à tous·tes l’accès à la protection sociale et à un revenu minimum représentant au moins 60% du niveau de vie médian dans chaque État membre. L’UE peut agir dans d’autres domaines en lien avec les causes de la pauvreté tels que l’accès à l’énergie, à la santé, à un logement décent ou encore au numérique. À titre d’exemple le Pacte vert européen soutien des politiques de rénovations énergétiques des bâtiments et nous agissons pour que celles-ci bénéficient d’abord aux plus pauvres.

L’UE, Emmaüs et l’accueil des exilé∙es

Une des grandes responsabilités de l’Union européenne concerne les politiques migratoires. Elle influe directement sur la gestion des frontières et la manière dont les exilé·es sont accueilli·es, traité·es et intégré·es dans les sociétés européennes. Malheureusement, ces dernières années, l’UE a orienté ses politiques vers le renforcement de la fermeture de ses frontières et le non-accueil des exilé·es. Cette désastreuse orientation politique a des conséquences dramatiques sur la vie des personnes exilé·es qui arrivent en Europe.  Emmaüs s’oppose fermement à cette approche politique et défend la liberté de circulation et notre vision de l’accueil inconditionnel.

 

L’extrême droite : une menace pour les activités d’Emmaüs en Europe

Une préoccupation majeure émerge quant à la montée des partis d’extrême droite, représentant une menace sérieuse pour des organisations telles qu’Emmaüs, en particulier en ce qui concerne l’accueil inconditionnel mais aussi pour nos activités de lutte contre la précarité. Il est crucial de résister fermement à l’influence de partis caractérisés par le racisme et la xénophobie qui opposent les pauvres aux pauvres.

 

Vous êtes membres d’Emmaüs Europe ? Retrouvez plus d’information sur la page dédiée aux élections européennes à la une de notre espace membre.

Contacts
Manon Gaham, chargée de plaidoyer et de sensibilisation : manon.gaham@emmaus-europe.org
Eve Poulteau, déléguée générale : eve.poulteau@emmaus-europe.org

Nouveau Pacte sur la migration et l’asile

Le 10 avril, le Parlement européen a voté le nouveau Pacte sur la migration et l’asile.

Ce pacte contient huit textes, tous orientés vers le renforcement des frontières extérieures et l’atteinte à la liberté de circulation et d’installation.

Normalisation de la pratique du refoulement

Concrètement, ces législations permettront de refouler directement à la frontière les personnes qui ne demandent pas l’asile. Les exilé·es seront toujours empêché∙es de déposer leurs demandes dans le pays dans lequel ils et elles souhaitent aller et auraient plus de facilité à refaire leur vie parce qu’ils ou elles parlent la langue du pays ou y ont des contacts.

Généralisation de l’enfermement aux frontières

Celles et ceux qui demanderont l’asile seront enfermé∙es dans des « centres de tri » à l’extérieur du territoire ou à la frontière en attendant l’étude de leurs dossiers. Ces tris seront effectués principalement sur le critère de la nationalité́ de la personne demandeuse, sans réellement prendre en considération l’individualité de sa situation. Les personnes resteront jusqu’à 12 semaines privées de liberté dans ces centres de rétention.

Aucune vraie solidarité et externalisation des frontières

Les pays membres de l’Union européenne (UE) pourront choisir de ne pas accueillir une personne demandant l’asile en choisissant parmi plusieurs alternatives : payer 20 000€,  fournir des ressources humaines pour « protéger » les frontières de l’UE (comme envoyer des gardes-frontières nationaux dans les centres de tri européens), ou mettre en place des politiques nationales pour externaliser les frontières (ex : créer des accords bilatéraux pour expulser vers des pays souvent auteurs de violations des droits).

“Instrumentalisation”, un concept de plus pour déroger au droit d’asile

Ce pacte introduit un nouveau concept, celui “d’instrumentalisation” des migrations. Ainsi, si l’UE considère qu’un pays non-membre essaie de faire pression sur elle en envoyant un grand nombre de personnes exilées à ses frontières, elle pourrait décider de suspendre totalement l’examen des demandes d’asile.

Identification et prise d’empreinte forcée dès six ans

Le système Eurodac (base de données européenne qui enregistre les empreintes des exilé·es afin de les identifier) comprendra désormais le fichage (empreintes digitales et faciales) des étranger∙es, dont les mineur∙es dès 6 ans, y compris sous la contrainte.

Un léger progrès pour le travail des demandeur∙ses d’asile

Enfin, une directive sur les conditions d’accueil offre un progrès marginal, en donnant la possibilité aux demandeur∙euses d’asile de travailler au bout de 6 mois de présence au lieu de 9 mois actuellement. Des garanties sur les conditions d’accueil ont également été améliorées… Mais avec le revers de la médaille : la généralisation et l’élargissement du recours à l’assignation à résidence.

AGISSONS ENSEMBLE

Emmaüs Europe s’oppose fermement à ce texte ! Nous vous encourageons à vous mobiliser en postant sur vos réseaux sociaux un message vous opposant, vous aussi à ce pacte, accompagné du hashtag #NotThisPact. N’oubliez pas de tagger @emmauseurope pour que nous relayions vos messages.

Réduire notre impact écologique : l’expérience d’Emmaüs Åland

Emmaüs Åland a développé un diagnostic pour mesurer et réduire son impact écologique. Martha Hannus, coordinatrice du développement durable, nous parle de ce projet.

Peux-tu nous expliquer en quoi consiste ce diagnostic écologique ?

L’évaluation de l’impact écologique s’inspire des principes de l’ONG GRI (Global Reporting Index), qui a fixé des normes pour déclarer les émissions de carbone. Nous avons analysé nos sources d’émissions, identifié des moyens pour les mesurer et développé un plan de réduction. L’évaluation inclut l’électricité et le chauffage, nos transports aux niveaux local et international, ainsi que les déplacements. Nous avons inclus un suivi à faire chaque année dans notre rapport annuel.

Quand et pourquoi avez-vous commencé à travailler sur ce projet ?

Nous avons lancé ce projet, car nous pensons que même si nos activités comme la seconde main et le jardinage participent à rendre notre société plus durable, pour être crédibles, nous devons également déclarer notre impact sur le monde qui nous entoure alors que nous menons ces activités. Pour nous, c’est un moyen d’agir solidairement avec les autres parties du monde et les générations futures. Si nous exigeons qu’il y ait des changements dans le monde, nous devons avoir le même regard critique sur nos opérations et nos choix d’activités économiques. Nous avons décidé qu’il est plus efficace et rentable sur le plan environnemental de vendre davantage de biens au niveau local, mais d’agir plus solidairement sous la forme de soutien économique à d’autres groupes pour les aider à développer leurs activités.

Nous avons commencé en 2018 par une analyse de pertinence, suivie par une stratégie adoptée par le conseil d’administration. À partir de 2019, nous avons développé et affiné nos outils de mesure de nos émissions. Notre objectif est d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Quels résultats avez-vous constatés ?

Nous avons pu diminuer nos émissions de manière significative, en particulier par le passage à un fournisseur d’électricité verte et la supervision de nos transports. Nous savons également quoi faire pour poursuivre sur notre lancée : nos déplacements doivent avoir un bilan carbone neutre. Pour 2024, nous avons alloué un budget spécial aux déplacements, qui ne se compte pas en argent, mais en impact environnemental, que nous nous engageons à respecter.

Depuis quelques années, nous mesurons aussi la quantité de biens que nous recevons et des déchets que nous produisons. Pour ce faire, nous pesons les biens donnés certaines semaines et nous calculons le nombre total pour l’année complète. Pour les déchets, l’entreprise de gestion des déchets nous transmet ses chiffres après les avoir pesés.

En 2022, nous avons reçu environ 450 000 kg de biens donnés. Nous avons pu en vendre 62 % au niveau local et 21 % ont été envoyés en conteneurs à d’autres groupes Emmaüs. L’entreprise de gestion des déchets a récupéré 8 % des biens donnés et 9 % ont été brûlés pour la production d’énergie. Les déchets inertes représentent seulement une faible quantité. Nous pouvons réutiliser la plupart des sacs, meubles et linges de maison, mais les appareils électroniques, les livres et les supports multimédias représentent la plus grande partie des déchets. Dans nos conteneurs, 53 % des biens étaient des vêtements. Pour les appareils électroniques, seuls 50 % peuvent être réutilisés, car nous n’avons pas les qualifications nécessaires pour les réparer. Nous n’avons pas encore de solution, mais ce sera peut-être possible à l’avenir. Ces chiffres nous aident à communiquer avec notre clientèle, les donateurs et les donatrices. Ils sont également très utiles pour nos activités de lobbying.

Que dirais-tu aux groupes qui réfléchissent à suivre ce processus ?

En mesurant vos émissions, vous en saurez plus sur vos activités, et vous identifierez facilement les actions à faire facilement pour réduire votre impact. N’ayez pas peur : ce n’est pas aussi difficile que ça en a l’air ! Nous devons agir pour provoquer le changement, notamment en étant en première ligne pour assumer la responsabilité de nos émissions. Nous devons agir en toute transparence, comme nous l’exigeons des autres.

© Emmaüs Åland

Lettre ouverte : débloquer le rôle de l’économie sociale pour une transition verte juste

Plus de 80 réseaux internationaux, ONG et organisations nationales de 18 pays européens ont uni leurs voix dans une lettre ouverte.

En se concentrant sur la question urgente des déchets textiles, RREUSE et les cosignataires, dont Emmaüs Europe, appellent les décideurs politiques à libérer le potentiel de l’économie sociale dans la révision en cours de la directive-cadre sur les déchets afin de faire de la transition verte une transition juste.

Afin d’uniformiser les règles du jeu et de donner à l’économie sociale une chance d’être à la hauteur de son potentiel, les cosignataires appellent conjointement les décideurs politiques de l’Union européenne à :

  • Maintenir toutes les dispositions positives sur le rôle des entreprises sociales dans la collecte et la gestion des textiles usagés et des déchets que la Commission européenne a incluses dans sa proposition de révision ;
  • Accorder un pouvoir de décision aux entreprises sociales, aux côtés des municipalités, dans la gouvernance des systèmes de responsabilité élargie des producteurs ;
  • Exiger que les redevances de responsabilité élargie des producteurs couvrent tous les coûts associés aux activités de réutilisation et de préparation à la réutilisation menées par les entreprises sociales, y compris la gestion des déchets résiduels ;
  • Veiller à ce que les entreprises sociales restent propriétaires des textiles usagés et des déchets qu’elles collectent.

Télécharger la lettre ouverte